Elle est ambiguë « Je ne sais pas comment l’interpréter » ; elle est imprévisible « Je ne sais pas comment l’anticiper » ; elle est nouvelle « Je ne peux pas me fier à mon expérience ».
Le contexte de confinement dans lequel nous sommes actuellement engagés représente une situation inhabituelle pour nous et instaure un fonctionnement qui nous est totalement étranger.
Être soumis à une réglementation quotidienne stricte qui nous coupe des autres et de nos habitudes peut être désarmant et entraîner un large panel d’émotions, souvent très intenses : l’inquiétude, le stress, la nervosité, l’incertitude, l’angoisse, la tristesse, la frustration, la peur, l’hypervigilance ou encore la colère…
Alors que le pays tout entier est invité à se confiner à domicile, la présence ritualisée au centre de dialyse peut générer un sentiment de vulnérabilité supplémentaire pour le bénéficiaire.
Alors qu’aucun jour ne se ressemble depuis le début de l’épidémie, la réorganisation quotidienne de nos centres implique des capacités d’adaptation individuelles éprouvantes et dans le même temps son lot d’appréhension.
Dans ce contexte d’isolement forcé, chaque séance de dialyse devient l’occasion de maintenir du lien mais aussi un espace tiers où la parole peut se déposer.
Face à l’insaisissable, il apparait important de pouvoir repérer nos émotions lorsqu’elles se manifestent en nous, de les accueillir, mais surtout de promouvoir leurs expressions afin d’éviter que ne s’installent et s’accumulent contrariétés et frustrations.
En effet, plus nous avons accès à nos mouvements internes et reconnaissons sans crainte nos émotions, plus nous sommes préservés de manifestations psychosomatiques incommodantes.
Rappelons que le fait de s’exprimer sur ce que nous ressentons instaure une position d’acteur et génère un sentiment de contrôle sécurisant ; cela permet également d’empêcher l’information traumatique de se cristalliser en nous.