CALYDIAL

La maladie rénale chronique non dyalisée

Définition

La maladie rénale chronique se définit par la présence pendant plus de 3 mois de marqueurs d’atteinte rénale (présence de protéines, de sang ou de globules blancs dans les urines) et d’une baisse de fonction rénale appréciée par un débit de filtration glomérulaire (clairance de la créatinine) au-dessous de 60ml/min/1,73m².
Ceci quelle qu’en soit la cause.


Quelques chiffres…

  • En France, 3 millions de personnes seraient atteintes de maladie rénale chronique.
  • Le risque d’évolution vers le stade ultime de la maladie (greffe, dialyse) reste faible.
  • Au 31 décembre 2009, 70 000 personnes étaient traitées : 54 % par dialyse et 46 % par transplantation rénale, soit 9500 nouveaux patients par an débutant un traitement de suppléance rénale.

  • Les principaux facteurs à l’origine d’une maladie rénale chronique sont désormais l’hypertension artérielle et le diabète (responsables à eux seuls de près d’un cas sur deux).


Prise en charge et Diagnostic

  • La prise en charge de la maladie rénale chronique consiste tout d’abord en la pose d’un diagnostic, par un dépistage dans les populations à risque (diabète, hypertension artérielle, affections urologiques, antécédents familiaux de maladie rénale, exposition à des produits toxiques). Le diagnostic se fait par un dosage de créatinine sanguine (produit de dégradation musculaire, qui s’accumule lorsque la fonction rénale diminue) et par un examen d’urine (recherche de cellules et de protéines).

  • Sur le plan morphologique, au moins une échographie rénale est réalisée.

Si le diagnostic est confirmé, il y a lieu de s’assurer de l’existence ou non d’une progression rapide de la maladie rénale par répétition du dosage de créatinine sanguine dans les semaines qui suivent :

  • En cas de progression :


    Il faut très rapidement référer sur un centre de néphrologie pour un diagnostic rapide et un traitement souvent efficace.
  • En cas d’absence de progression :


    Sur quelques semaines et si les anomalies persistent, il faut pousser plus loin les investigations pour :
    • orienter le diagnostic causal,
    • évaluer le stade et l’évolutivité de la maladie rénale considérée comme « chronique »,
    • prendre en charge le risque cardiovasculaire s’il est élevé, rechercher des complications éventuelles
    • et fournir à la personne tous les éléments nécessaires à la compréhension de sa maladie et de son traitement.

    L’objectif à ce stade est de ralentir au maximum la progression de cette maladie rénale pour éviter l’arrivée au stade dit « terminal » de dialyse ou de transplantation.
    Ce mot quelque peu effrayant, s’il signifie la « mort » rénale, n’est pas synonyme de fin de vie…bien au contraire
    .



Suivi

  • Lors de la phase de suivi de la maladie rénale chronique seront organisés des contrôles réguliers d’examens biologiques permettant d’évaluer régulièrement l’évolution de la fonction rénale et son retentissement éventuel sur l’organisme.

  • A chaque moment, il faudra éliminer des facteurs d’aggravation intercurrents de la maladie : facteurs obstructifs liés à une hypertrophie prostatique, infections urinaires, facteurs toxiques médicamenteux ou autres surajoutés…

  • Le suivi coordonné entre médecin traitant et équipe néphrologique sera précieux.

  • Un programme d’éducation thérapeutique permettra d’apporter des compléments d’informations sur cette maladie totalement asymptomatique.

  • Un élément important est la très grande capacité d’adaptation rénale : tout au long de la progression de la maladie rénale, les reins adaptent leurs capacités d’épuration à leur baisse de fonction. Aussi, la maladie rénale peut rester asymptomatique jusqu’au stade ultime de la maladie. C’est là l’intérêt d’un programme d’éducation thérapeutique qui permettra à chaque patient de devenir acteur de son traitement pour permettre aux reins d’exercer au mieux leur capacité d’adaptation le plus longtemps possible.

  • Parmi les facteurs de néphroprotection, on retiendra le contrôle parfait de la pression artérielle et la réduction de la protéinurie grâce aux médicaments bloqueurs du système rénine-angiotensine, une alimentation équilibrée évitant tout excès de protéines et peu salée (sauf cas particulier), l’éviction de tout facteur néphrotoxique (médicaments, produits de contraste iodé), une bonne hydratation (boire à sa soif, ni trop ni trop peu) avec en plus la correction des risques cardiovasculaires, le maintien d’une bonne activité physique. En cas de diabète, un équilibre glycémique le plus parfait possible.

  • Un élément important sera l’ajustement de la posologie des médicaments à élimination rénale à adapter à chaque stade de la maladie rénale.